La route de glace
Chaque février, mon grand-père prenait la route de glace à travers le lac jusqu'à l'autre rive, le camion grognait, tout le monde blanc retenait son souffle sous les pneus.
Il disait que la glace parle si on l'écoute : un long craquement, comme une porte au loin, un bourdonnement qui se loge dans les dents. La plupart y entendent le danger. Lui entendait une carte.
J'ai fait le trajet avec lui une fois, à neuf ans, les mitaines collées au tableau de bord, à compter les drapeaux orange qui marquaient le chemin sûr jusqu'à ce que les arbres lointains passent d'un trait de crayon
à des pins aux épaules couvertes de neige. Aujourd'hui, les hivers arrivent tard et repartent tôt. La route ouvre quelques semaines, pas des mois. J'écoute encore la glace. Elle en dit moins chaque année.
Dans « La route de glace », quelle expression prête une action humaine au paysage?